Art et création de valeur – opus 3 : le collaborateur plus autonome et mieux reconnu

Art et création de valeur – opus 3 : le collaborateur plus autonome et mieux reconnu

©Dsan – Denis Santelli – Artificial Thoughts, Figure 01

La revue des marques est la seule revue consacrée exclusivement aux Marques. Dans chaque numéro : stratégie, marketing, communication, consommation, juridique … tous les aspects de l’univers des marques sont traités par les meilleurs spécialistes. Sans oublier la saga d’une marque, de son origine à nos jours !

Youmanlink témoigne de cette importance de mobiliser l’art dans l’entreprise, en 3 opus; voici le troisième et dernier.

Création et démarche entrepreneuriale

La notion de création recouvre de nombreuses dimensions : on parle tout d’abord du Créateur avec un grand « C », ce Dieu qui aurait donné la vie sur Terre il y a plusieurs millions d’années. Il y a surtout des créateurs, plus nombreux, avec un petit « c », qui, comme leur nom l’indique, « créent » : il peut s’agir du styliste d’une mai- son de couture, du créateur d’entreprise qui lance une nouvelle activité… Le créateur crée quelque chose pour la première fois, quel que soit le domaine concerné (scientifique, artistique, culturel, industriel…), il innove ! Le fait de créer nécessite de lâcher prise, de tester et de prendre des risques. Quand on crée, il n’y a pas de certitude, car il n’y a pas toujours de référentiel. Et au contraire, si le produit ou le service existe déjà, il faudra faire mieux : répondre à une demande insatisfaite, être moins cher, plus performant… Mettre un collaborateur en situation de création, au-delà de générer du plaisir ou amener du sens, consiste à l’encourager à se mettre en danger en expérimentant des techniques qui lui étaient jusque-là inconnues. Il pourra ainsi dépasser ses limites, savourer la fierté du résultat insoupçonné, la reconnaissance de ses collègues et de son management.

La confrontation à l’art est pour l’entreprise une manière de transmettre l’esprit entrepreneurial à ses salariés, de leur faire changer de posture en passant de l’exécution (ou l’obéissance est souvent de mise) à la création et donc au goût du défi. Acquérir l’esprit « intrapreneur » est une tendance d’avenir, source de valeur, de compétitivité et de performance pour l’entreprise de demain. De nombreuses grandes sociétés françaises ont déjà expérimenté des dispositifs de co-création ponctuels sur une ou plusieurs journées. On peut compter parmi elles : BNP Paribas, Orange, La Redoute et bien d’autres…

La symétrie des attentions

Par toutes ces initiatives, l’entreprise montre plus de considération pour ses salariés, les implique, les cultive. Mieux connectés à eux-mêmes, à leur intériorité (motivations, sensibilité, désirs…), ils sont plus engagés à l’égard de leur employeur et de l’entreprise, créant ainsi plus de valeur autour d’une marque employeur renforcée. La cohésion d’équipe, les liens interindividuels tissés lors de moments expérientiels, sont intensifiés, l’implication est plus importante… terreau favorable à mieux penser le service ou la relation au client final. On parle d’ail- leurs de « symétrie des attentions », concept apparu il y a 10 ans dans l’ouvrage « Du management au marketing des services », de Charles Ditandy et Benoît Meyronin. Par ce principe, l’entreprise s’engage d’une part dans un certain niveau d’attention à son client final ; d’autre part, elle doit soutenir ses salariés avec le même niveau d’effort pour garantir un cercle vertueux dans la création de valeur !

par Laurent Austin – Dirigeant chez Youmanlink

 

Réinvestir la relation au collaborateur

L’entreprise ne peut plus se limiter à « gérer les ressources humaines ». L’enjeu clé pour la DRH est de réinvestir la relation au collaborateur afin de proposer des outils et des services permettant d’agir concrète- ment sur l’engagement au quotidien. Pour accompagner cette évolution, la notion d’expérience collaborateur (à l’instar de l’expérience client) prend tout son sens. C’est en scannant toutes les étapes de l’expérience collaborateur que l’on peut comprendre les moments essentiels que vivent les collaborateurs. Cela permet d’identifier très précisément les actions RH qui ont le plus d’impact pour une majorité de collaborateurs, d’anticiper les mutations par le suivi des signaux émergents et de détecter les meilleures pratiques déjà initiées par des pionniers. Les plans d’action sont concrets, car ils sont le fruit de l’intelligence collective, du génie de Monsieur-Tout-le-Monde.

On peut dès lors décomposer l’expérience collaborateur et les ressources humaines, autour de cinq piliers :

l’empathie : l’entreprise met tout en œuvre pour comprendre les attentes de chaque collaborateur
le réalisme : l’entreprise est perçue de l’extérieur comme elle est vécue de l’intérieur par les collaborateurs
l’autonomie : le collaborateur est suivi de façon individualisée et bénéficie des meilleures conditions pour se réaliser
la fluidité : l’entreprise supprime les obstacles, les lenteurs, afin de faire gagner du temps et de l’efficacité aux collaborateurs
la confiance : le sérieux de l’entreprise, la cohérence et la congruence des actions dans le temps

L’expérience collaborateur n’est donc pas un énième « concept de marketing RH », c’est un véritable change- ment de posture et de priorités des acteurs de la fonction RH. Toutes les entreprises le font déjà depuis plus de 20 ans en travaillant à l’amélioration continue de leur relation et de leur service client… mais le collaborateur n’est-il pas le premier client de l’entreprise ?!

par Bruno Soubiès – Partenaire fondateur du cabinet d’étude KPAM RH

Pour en savoir plus :
– sur la Revue des marques, cliquez ici
– sur KPAM RH : cliquez ici 
– sur Denis Santelli, cliquez ici

À propos de l'auteur

Laurent AUSTIN Laurent AUSTIN
Passionné d'art et de relations humaines, je suis en charge du développement de l’agence de Marketing expérientiel Youmanlink.

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