De la performance à la réussite : et si nous changions notre regard sur le travail ?
Performance, efficacité, productivité… Ces mots occupent une place centrale dans le vocabulaire de l’entreprise. Mais à force de vouloir rendre les collaborateurs toujours plus performants, ne risquons-nous pas de passer à côté de l’essentiel : leur permettre de réussir ? Chez Youmanlink, nous faisons le choix de la réussite individuelle, collective et de l’entreprise par la complémentarité des talents.
Performance, efficacité, réussite : parlons-nous vraiment de la même chose ?
Dans le monde professionnel, les mots « efficacité » et « performance » sont omniprésents. On cherche à améliorer la performance individuelle, la performance collective, la performance commerciale ou encore la performance de l’entreprise. Le coaching lui-même est parfois présenté comme un moyen de devenir « plus performant ». Ces notions sont légitimes, mais elles ne racontent pas exactement la même histoire :
Être efficace, c’est parvenir au résultat attendu en mobilisant les moyens appropriés.
Être performant, c’est atteindre, voire dépasser, un niveau de résultat ou un standard donné.
Ces deux notions placent donc naturellement le regard sur le résultat attendu et sur la capacité de la personne ou de l’équipe à l’atteindre.
Réussir introduit une autre dimension.
Réussir, ce n’est pas seulement produire un résultat. C’est pouvoir regarder ce que l’on a accompli et se dire : « J’y ai contribué, j’y ai trouvé ma place, j’ai mobilisé ce que je sais faire de mieux et cela a été utile à quelque chose de plus grand que moi. ». La réussite réconcilie ainsi le résultat, la contribution, le sens et l’accomplissement.
Quand la recherche de performance devient une pression
Le problème n’est donc pas la performance en elle-même. Une entreprise a besoin de résultats. Elle doit satisfaire ses clients, tenir ses engagements, maîtriser ses coûts, innover, se développer. Et chacun a besoin de savoir ce qui est attendu de lui.
Le risque apparaît lorsque la performance cesse d’être un résultat pour devenir une injonction permanente : toujours plus, toujours mieux, toujours plus vite. Dans cette logique, la pression s’exerce essentiellement de l’extérieur vers l’intérieur : objectifs, indicateurs, délais, comparaisons, reporting, évaluations… Certains collaborateurs vont alors chercher à répondre à ces attentes par le surinvestissement. Ils travaillent davantage, compensent, prennent sur eux, repoussent leurs limites. Ils veulent être à la hauteur de ce que l’organisation, leur manager ou parfois eux-mêmes attendent d’eux. Progressivement, une confusion peut s’installer :
« Si je réussis ce que l’on attend de moi, j’ai de la valeur. Si je n’y arrive pas, c’est peut-être que je ne suis pas à la hauteur. »
Lorsque les exigences deviennent durablement supérieures aux ressources disponibles, la dynamique peut se retourner contre l’individu comme contre l’organisation : fatigue, stress chronique, perte de sens, désengagement, risques psychosociaux, épuisement professionnel, voire burn-out. Le paradoxe est alors saisissant : une recherche excessive de performance peut finir par détruire les conditions mêmes de la performance.
Et si nous passions d’une logique de pression à une logique de rayonnement ?
C’est ici que la notion de réussite prend, pour nous, tout son sens. Là où la pression à la performance peut être vécue comme un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur, la réussite peut produire un mouvement inverse : de l’intérieur vers l’extérieur. Lorsqu’une personne comprend mieux qui elle est, identifie ses talents, sait ce qu’elle peut apporter et trouve un environnement dans lequel elle peut réellement contribuer, quelque chose change. Elle ne fait plus seulement ce qu’on lui demande :
- Elle s’engage.
- Elle prend des initiatives.
- Elle développe ses talents.
- Elle contribue à la réussite des autres.
Et cette énergie est contagieuse. C’est ce que nous appelons chez Youmanlink le rayonnement des talents. Non pas une compétition entre singularités, mais une mise en relation de celles-ci. Des talents qui se reconnaissent, s’accordent et se complètent créent une dynamique collective.
La réussite individuelle : trouver sa juste place
La première dimension est celle de la réussite individuelle. Nous sommes convaincus que chacun possède une combinaison singulière de talents, de modes de fonctionnement, de motivations, d’expériences et d’aspirations.
Pourtant, combien de personnes passent une grande partie de leur vie professionnelle à essayer de correspondre à ce que l’on attend d’elles plutôt qu’à développer ce qu’elles peuvent réellement apporter ? Trouver sa juste place ne signifie pas rechercher le confort ou éviter l’effort. Cela signifie pouvoir répondre à quelques questions essentielles :
- Qu’est-ce que je fais naturellement bien ?
- Qu’est-ce qui me met en énergie ?
- Dans quelles situations est-ce que j’apporte le plus de valeur ?
- De quoi ai-je besoin pour donner le meilleur de moi-même ?
- Quelle contribution ai-je envie d’apporter ?
La connaissance de soi devient alors un levier d’action. La personne ne cherche plus uniquement à corriger ses faiblesses. Elle apprend aussi à s’appuyer sur ses forces et à mobiliser ses talents au service d’une contribution utile. Réussir individuellement, c’est pouvoir être pleinement soi tout en étant pleinement contributeur.
La réussite collective : passer des talents à la complémentarité
Mais il existe un deuxième niveau, car en entreprise, personne ne réussit vraiment seul. Nous avons besoin des talents des autres précisément parce qu’ils ne sont pas les nôtres.
- L’un imagine / L’autre structure.
- L’un met en mouvement / L’autre sécurise.
- L’un crée la relation / L’autre challenge.
- L’un ouvre de nouvelles possibilités / L’autre transforme les idées en réalisations concrètes.
Une équipe performante n’est donc pas nécessairement une équipe composée des meilleurs individus pris séparément. C’est d’abord une équipe capable de transformer les différences en complémentarités. Cela suppose de sortir d’une vision où chacun doit savoir tout faire pour entrer dans une logique beaucoup plus féconde :
« Voici ce que j’apporte. Voici ce que tu apportes. Comment pouvons-nous réussir ensemble ? »
La différence cesse alors d’être une difficulté à gérer. Elle devient une ressource.
La réussite de l’entreprise : créer un système dans lequel les talents peuvent contribuer
La troisième dimension est celle de l’organisation. Une entreprise ne réussit durablement ni par la seule addition des performances individuelles, ni par quelques talents exceptionnels. Elle réussit lorsqu’elle parvient à créer les conditions permettant aux personnes et aux équipes de contribuer au projet commun. Cela implique notamment de favoriser la connaissance et la reconnaissance des talents, la coopération, la responsabilisation, la mobilité, la qualité des relations et la capacité à donner du sens à l’action.
La question adressée au management évolue alors, elle n’est plus seulement : « Comment obtenir davantage de performance de mes collaborateurs ? ». Elle devient : « Comment créer les conditions pour que chacun puisse apporter le meilleur de ses talents à la réussite collective ? »
Ce déplacement peut sembler subtil, il transforme pourtant profondément la posture managériale. Le manager n’est plus seulement celui qui demande et mesure la performance. Il devient aussi celui qui révèle, relie, accorde et met en mouvement les contributions.
Trois réussites qui se nourrissent mutuellement
C’est la vision que nous portons chez Youmanlink. Nous cherchons à faire converger trois niveaux de réussite :
La réussite individuelle : chacun connaît mieux ses talents, peut les développer et trouve sa juste place pour contribuer.
La réussite collective : les différences ne sont plus seulement tolérées : elles deviennent des complémentarités au service d’une dynamique commune.
La réussite de l’entreprise : l’énergie individuelle et collective se transforme en engagement, coopération, innovation et résultats durables.
Ces trois dimensions ne devraient pas être opposées. Elles forment un cercle vertueux.
- Je réussis davantage parce que nous réussissons ensemble.
- Nous réussissons mieux parce que chacun peut apporter sa singularité.
- Et l’entreprise réussit parce qu’elle sait mobiliser et accorder cette richesse humaine.
Révéler. Accorder. Mettre en mouvement.
C’est finalement ainsi que nous pourrions résumer la vocation de Youmanlink.
Révéler les talents
Permettre aux personnes de mieux comprendre leurs forces, leurs modes de fonctionnement, leurs motivations et ce qui constitue leur singularité.
Accorder les talents
Faire découvrir aux membres d’une équipe qu’ils n’ont pas besoin de se ressembler pour réussir ensemble et transformer leurs différences en complémentarités.
Mettre les talents en mouvement
Créer les conditions pour que cette connaissance ne reste pas théorique mais se traduise en nouvelles façons de collaborer, de décider, de manager et d’agir.
Notre ambition n’est donc pas de demander toujours plus aux personnes. Elle est de permettre à chacun un apport qualitatif, à partir de ce qu’il est, en complémentarité avec les autres et au service d’un projet commun.
La réussite se construit, elle se partage et lorsqu’elle devient collective, elle rayonne.
C’est peut-être là l’un des plus beaux défis de l’entreprise : ne plus seulement chercher à faire performer des individus, mais créer les conditions pour permettre à des personnes, des équipes et une organisation de réussir ensemble.